UNION DES CERCLES LéGITIMISTES DE FRANCE


Lectures

Accueil



Emmanuel de Waresquiel, Juger la reine, Tallandier, 2016  


Méditant à la Conciergerie sur le martyre de Marie-Antoinette, l’auteur nous décrit la machine du Tribunal révolutionnaire et nous présente les juges, les jurés et les témoins de ces trois journées tragiques que furent les 14, 15 et 16 octobre 1793. Analysant les témoignages recueillis au cours du procès et ceux publiés sous l’Empire et la Restauration, l’auteur retrace les principaux événements de la vie de la reine qui nous sont par ailleurs connus.  

Le procès de la reine était en fait engagé depuis de longues années à travers les écrits subversifs sur lesquels l’auteur ne s’appesantit pas. On regrettera, en particulier, qu’il pense que Fersen a été l’amant de MarieAntoinette. Le propos de M. de Waresquiel a été de restituer l’ambiance de ces journées. Ses pérégrinations aux Archives nationales, qui l’amènent jusqu’à une certaine armoire en fer, ne manquent pas de sel. Non celle de Louis XVI mais une armoire commandée en 1790 par l’Assemblée nationale pour y déposer les planches de la Déclaration des droits de l’homme et celles des assignats ! Cette armoire fut déposée à l’hôtel de Soubise en 1848 avant de recevoir les archives du procès. Armoire à ouvrir par trois clés, pour pénétrer dans le « rebus » de l’histoire « qui ne dirait son secret qu’à demi », selon les termes de l’auteur.

 Marie-Paule Renaud


Françoise Hildesheimer (Archives nationales, sous la dir.), Le Parlement de Paris. Logiques politiques et pratiques documentaires XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Honoré Champion, 2016.  


Cet ouvrage rassemble les actes du colloque qui s’est tenu à Paris les 12 et 13 novembre 2013, illustrant les relations conflictuelles qui ont existé depuis la fin du Moyen Âge entre le Parlement de Paris et le roi.

  

Quelques épisodes plus marquants ont été choisis : la fronde du Parlement en 1648 et le fonctionnement de la Chambre de Saint Louis (Françoise Hildesheimer), la pratique des omissions sous Louis XIV (Madeleine Haehl, université Jean-Moulin Lyon III), l’enregistrement des actes du Parlement de Paris dans les bailliages de son ressort sous Louis XV (Marie Houllemard, université de Picardie), les gazettes clandestines ou « nouvelles à la main » des magistrats sous Louis XV, les conseillers privés de leur office en 1757 par Véronique de Becdelièvre (Bibliothèque nationale de France), l’assemblée des chambres sous Louis XVI par Julien Niger (université Paris IV Sorbonne). Un exemple en province est traité avec le duc de Fitz-James, représentant du roi en Languedoc et le conflit violent qui l’opposa au parlement de Toulouse en 1763-64 (Simon Surreaux, université Paris-Sorbonne).  

Complété par la publication de pièces justificatives, l’ouvrage se termine par l’histoire des archives du Parlement sous la Révolution. En effet, tous les auteurs cités, rompus à la recherche archivistique, se sont attachés à mettre en valeur des sources peu connues ou inédites (grâce à de récentes acquisitions) et à pointer les lacunes de la documentation qui rendent toujours l’historien prudent dans ses conclusions. C’est une vision détaillée du fonctionnement des institutions et des frondes parlementaires croissantes qui nous est offerte jusqu’à la Révolution.

Marie-Paule Renaud

 

Evelyn Farr, Marie-Antoinette et le comte de Fersen. La correspondance secrète, Paris, L’Archipel, 2016

 

L’auteur présente l’état de la documentation sur ce sujet « sensible » : il ne reste que huit lettres de la reine à Fersen, déposées aux Archives nationales suédoises par les descendants de Fersen, toutes datées de 1792 et écrites par son secrétaire, François Goguelat. Les Archives nationales de France achetèrent à ces mêmes descendants, en 1982, d’autres lettres écrites par Fersen.  

Cela fait peu et l’auteur s’appuie sur un registre des lettres envoyées, que Fersen tenait au jour le jour : six lettres à la reine entre 1783 et 1789, chiffrées à partir de 1787. Cela fait toujours peu. Mais Fersen a noté dans son registre un grand nombre de lettres adressées à une certaine « Joséphine » qui n’a pas été identifiée, mais que Mme Farr estime (sur des bases bien faibles) être la reine. Son imagination s’envole alors et nous fait croire à un amour passionné, jetant le doute sur le véritable père des enfants royaux. Ces calomnies ne sont pas nouvelles puisqu’elles ont été répandues dès la naissance de Mme Royale en 1774 (Gérard Hupin, Marie-Antoinette, victime de la subversion, Nouvelles Éditions latines, 1972). Marie-Paule Renaud